Pendant plus de 150 millions d’années, des reptiles volants ont survolé la Terre.
Votre enfant vous demande le nom d’un dinosaure volant ? Entre ptérodactyle, ptérosaure et dinosaure, on s’y perd vite. On fait le point sur les noms à retenir.
Dinosaure volant : le nom le plus juste est souvent ptérosaure
Quand vous cherchez le nom d’un dinosaure volant, le candidat le plus probable est le ptérosaure. Ce groupe regroupait des reptiles capables de voler. Il ne faisait pas partie des dinosaures.
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Trois groupes à distinguer
Dinosaures
Les dinosaures vivaient surtout sur la terre ferme. Les oiseaux actuels appartiennent toutefois aux dinosaures aviens.
Ptérosaures
Les ptérosaures étaient des reptiles volants, aujourd’hui disparus.
Oiseaux
Les oiseaux sont des dinosaures aviens qui ont survécu jusqu’à notre époque.
Dinosaures et ptérosaures partageaient un ancêtre commun, plus ancien, au sein des archosaures. Ce groupe regroupe notamment les dinosaures, les oiseaux, les crocodiliens et les ptérosaures. Un ptérosaure est donc un cousin éloigné des dinosaures. Ce n’est pas un dinosaure volant au sens strict.
Les ptérosaures ont vécu sur une très longue période :
Apparition : Trias supérieur, il y a environ 228 millions d’années.
Période de vie : Jurassique et Crétacé.
Disparition : il y a environ 66 millions d’années.
Les paléontologues ont identifié plus de 200 espèces de ptérosaures. Ce nombre évolue avec les nouvelles découvertes et la révision de fossiles déjà connus.
Leur taille variait d’un animal comparable à un moineau à des géants dont les ailes approchaient celles d’un petit avion.
Les ptérosaures sont les premiers vertébrés connus à avoir développé un vol actif. Ils ne se contentaient pas de sauter ou de planer. Ils battaient des ailes pour produire de la portance.
Leur aile reposait sur une membrane de peau tendue entre le corps, les membres postérieurs et un doigt très allongé. Ce doigt correspond au quatrième doigt de la main, et non au petit doigt.
Le reste de la main gardait une fonction au sol. Les ptérosaures pouvaient replier leur aile, s’accrocher et marcher. Leurs os contenaient de nombreuses cavités remplies d’air. Ce détail allégeait l’animal sans affaiblir ses os.
Le soutien de l’aile varie selon les groupes :
Oiseaux : des plumes fixées sur leurs membres antérieurs.
Chauves-souris : une membrane soutenue par plusieurs doigts allongés.
Ptérosaures : l’essentiel du soutien confié à un seul doigt extrêmement long.
Dans la langue courante, « dinosaure volant » reste facile à comprendre. Pour une réponse exacte, retenez le mot ptérosaure. Ajoutez ensuite le nom du genre concerné.
Huit noms de ptérosaures et les traits qui les distinguent
Les noms les plus connus
Pterodactylus : ce petit ptérosaure du Jurassique supérieur vivait dans l’actuelle Allemagne, il y a environ 150 millions d’années. Il possédait une queue courte et un long doigt porteur de l’aile.
Pteranodon : ce grand ptérosaure du Crétacé supérieur avait un long bec dépourvu de dents, prolongé à l’arrière du crâne par une crête osseuse.
Rhamphorhynchus : ses mâchoires portaient des dents fines, et sa longue queue se terminait, chez certains spécimens, par une palette en forme de losange.
Dimorphodon : son crâne robuste abritait deux types de dents, les dents antérieures étant plus longues que les postérieures.
D’autres formes à connaître
Quetzalcoatlus : cet azhdarchidé du Crétacé supérieur compte parmi les plus grands animaux volants connus, avec une envergure d’environ 11 mètres.
Anhanguera : ce ptérosaure du Crétacé inférieur vivait dans l’actuel Brésil. Son long crâne et ses dents indiquent une alimentation tournée vers les poissons.
Balaenognathus : découvert en Bavière dans des roches du Jurassique supérieur, il possédait environ 480 dents très fines disposées comme un peigne, capables de retenir de petites proies dans l’eau.
Anurognathus : ce petit ptérosaure du Jurassique supérieur avait un crâne très court, de grandes ouvertures et des dents pointues adaptées à la capture de petits animaux.
« Ptérodactyle » désigne un genre, pas tous les ptérosaures
Un nom courant et un nom scientifique
Dans la conversation, « ptérodactyle » sert souvent à nommer n’importe quel reptile volant préhistorique. En science, Pterodactylus désigne un seul genre de ptérosaure. Retenez cette nuance, elle vous aidera à répondre aux questions de vos enfants.
Trois niveaux sont à distinguer :
Ptérosaure : le groupe entier des reptiles volants.
Pterodactylus : un genre particulier.
Pterodactylus antiquus : une espèce précise rattachée à ce genre.
Le premier fossile identifié
Le fossile à l’origine de Pterodactylus a été décrit en 1784. Il vient du calcaire de Solnhofen, en Bavière. Cette roche conserve des squelettes très détaillés.
Georges Cuvier reconnaît alors un reptile volant. Il crée le nom « ptéro-dactyle » en 1801, puis l’emploie dans un travail publié en 1809.
Le mot juste avec votre enfant
Quand votre enfant appelle ptérodactyle n’importe quel animal volant, proposez-lui le mot ptérosaure. Il désigne tous les reptiles volants, et il reste juste dans tous les cas.
Aujourd’hui, l’espèce retenue est Pterodactylus antiquus. Certains fossiles attribués autrefois à ce genre ont changé de statut. Les jeunes individus ont parfois des proportions différentes de celles des adultes.
Quetzalcoatlus atteignait environ 11 mètres d’envergure
Quetzalcoatlus northropi vivait au Crétacé supérieur, il y a environ 68 à 66 millions d’années. Vous retrouvez ses fossiles au Texas, dans le sud des États-Unis.
Au sol, il atteignait environ 2,5 mètres à l’épaule. Une girafe adulte mesure environ 2,75 mètres : vous voyez ainsi la taille de l’animal.
Les estimations de masse restent incertaines, avec des valeurs proches de 250 kilogrammes. Ses os creux et renforcés limitaient son poids malgré son envergure.
Quetzalcoatlus fait partie des plus grands animaux volants connus. Ce n’est pas le plus grand « dinosaure volant », un terme scientifiquement imprécis, mais l’un des plus grands ptérosaures identifiés.
Pteranodon se reconnaît à son bec sans dents et à sa crête
Reconnaître le genre
Le nom Pteranodon associe les mots grecs pour « aile » et « sans dents ». Il signifie donc « aile sans dents ».
Ce nom décrit sa principale caractéristique : Pteranodon avait un long bec sans dents. Une illustration ou une figurine qui lui ajoute de petites dents ne le représente donc pas fidèlement.
Une crête osseuse prolongeait l’arrière du crâne. Sa forme et sa taille changeaient selon l’espèce, l’âge et sans doute le sexe de l’animal.
Chez Pteranodon longiceps, le profil se résume ainsi :
Crâne : très allongé.
Queue : relativement courte.
Envergure : dépassant 6 mètres chez les grands individus, ce qui le place parmi les ptérosaures de grande taille.
Mode de vie et répartition
Pteranodon mangeait surtout des poissons. Des restes de poissons ont été retrouvés dans le contenu fossilisé de certains spécimens.
Il vivait au Crétacé supérieur, dans l’actuelle Amérique du Nord. Ses fossiles ont été trouvés au Kansas, au Nebraska et dans le Dakota du Sud.
Une vaste mer intérieure traversait alors l’Amérique du Nord. Elle offrait de la nourriture aux animaux capables de pêcher en vol ou à la surface.
Rhamphorhynchus et Dimorphodon illustrent deux formes jurassiques
Deux silhouettes reconnaissables
Rhamphorhynchus possédait une longue queue, des mâchoires garnies de dents et une tête étroite. Sa silhouette diffère nettement de celle des ptérosaures plus récents. Ceux-ci avaient une queue courte.
Chez certains spécimens, l’extrémité de la queue formait une palette en losange. Cette structure pouvait contribuer au contrôle de la direction en vol. Sa fonction exacte reste étudiée.
Un grand spécimen de Rhamphorhynchus muensteri atteignait environ 1,8 mètre d’envergure. C’est bien moins que Pteranodon ou Quetzalcoatlus.
Dimorphodon : crâne, histoire et alimentation
Dimorphodon présentait un crâne court et robuste. Ses deux types de dents, de grandes dents antérieures et de plus petites dents à l’arrière, le rendent facile à reconnaître sur un squelette.
Mary Anning a découvert le fossile de Dimorphodon à Lyme Regis, sur la côte du Dorset, en Angleterre.
William Buckland l’a d’abord nommé Pterodactylus macronyx. Richard Owen l’a ensuite placé dans un nouveau genre, Dimorphodon. Il s’appuyait sur la forme particulière de ses dents.
Son régime reste discuté. Ses dents convenaient à la capture de petites proies. Elles ne permettent pas d’affirmer avec certitude qu’il mangeait uniquement des poissons ou des insectes.
Son envergure est généralement estimée autour de 1,5 mètre. Avec son crâne robuste, il se distingue des ptérosaures plus fins de la même époque.
Un repère simple pour les distinguer
Regardez d’abord la queue : elle est longue chez Rhamphorhynchus, avec parfois une palette en losange à son extrémité. Chez Dimorphodon, le crâne court et robuste reste le repère le plus sûr.
Les ptérosaures allaient de petites formes aux géants du Crétacé
Les formes basales
Les premiers ptérosaures connus étaient souvent de petite taille, à l’image de cette peluche Ptérosaure aux petites ailes. Ils possédaient de longues queues, des mâchoires dentées et des ailes relativement courtes par rapport à celles des grands ptérodactyloïdes.
Ces formes dites basales ne constituent pas un groupe parfaitement homogène. Elles réunissent des ptérosaures anciens qui conservent plusieurs caractères, comme la longue queue et les dents pointues.
Ptérodactyloïdes et écarts de taille
Les ptérodactyloïdes présentent ensuite des proportions différentes. Leur queue se raccourcit, leur cou s’allonge souvent et leurs ailes peuvent atteindre une grande envergure. Plusieurs genres perdent aussi leurs dents.
Certaines formes basales atteignaient environ deux mètres d’envergure. À l’autre extrémité, les azhdarchidés du Crétacé supérieur dépassaient 10 mètres.
Critère
Formes basales
Ptérodactyloïdes
Queue
Longue
Raccourcie
Ailes
Relativement courtes
Pouvant atteindre une grande envergure
Dents
Dents pointues
Perdues chez plusieurs genres
Envergure
Environ 2 m pour certaines formes
Plus de 10 m chez les azhdarchidés
Des adaptations au vol
Les ailes longues et étroites favorisaient probablement le vol plané et réduisaient la résistance de l’air. Cette forme convenait aux grands animaux capables d’exploiter les courants ascendants.
Les petites espèces avaient souvent des ailes plus courtes et plus larges, ce qui leur permettait de battre des ailes plus fréquemment et de changer plus facilement de direction.
Les os creux contenaient de l’air et possédaient des renforts internes. Cette structure combinait une masse réduite et une résistance suffisante pour soutenir les muscles du vol.
Les ailes membraneuses des ptérosaures permettaient le vol actif
Des fibres internes, appelées actinofibrilles, renforçaient cette membrane. Elles vous aident à comprendre comment l’aile gardait sa forme et sa tension pendant le vol.
Les empreintes fossiles montrent que les ptérosaures marchaient à quatre pattes. Ils prenaient appui sur leurs membres antérieurs, ceux qui portaient les ailes.
Pour les grands ptérosaures, les chercheurs proposent un décollage par bond puissant. L’animal utilisait ses quatre membres pour se propulser vers le haut, sans courir longtemps sur deux pattes.
Chez Quetzalcoatlus, ce mode de décollage évitait que les grandes ailes touchent le sol, comme le montre ce déguisement de ptérosaure. Un saut d’environ deux fois la hauteur des hanches a été proposé.
Une fois en l’air, les grands ptérosaures alternaient quelques battements et des phases de vol plané. Les courants ascendants leur permettaient de parcourir de longues distances en dépensant peu d’énergie.
Des ptérosaures ont vécu sur le sol français
Mistralazhdarcho à Velaux
Mistralazhdarcho maggii est un ptérosaure de la famille des azhdarchidés. Il a été découvert à Velaux, dans les Bouches-du-Rhône, dans le bassin d’Aix-en-Provence. Vous pouvez le retenir comme un grand reptile volant du Crétacé.
Ce qu’il faut retenir de ce fossile :
Période : Crétacé supérieur, il y a environ 72 millions d’années.
Fossiles : un individu immature, avec plusieurs éléments du crâne, du cou et des ailes.
Envergure : environ 4,5 mètres malgré son jeune âge.
Un adulte pouvait être plus grand. Cette estimation reste toutefois incertaine.
La Plage aux Ptérosaures à Crayssac
À Crayssac, dans le Lot, la Plage aux Ptérosaures conserve des empreintes datant d’environ 150 millions d’années. Le site était alors une vasière ou une lagune au bord de la mer.
Un bâtiment protège le site. Les visiteurs y voient les empreintes gravées dans la roche, et non un squelette complet.
Voir des ptérosaures en France
Le Muséum départemental du Var, au jardin du Las à Toulon, possède un squelette de ptérosaure. Le lieu conserve aussi des fossiles et des pièces sur l’histoire naturelle régionale.
Le muséum est fermé au public pour des travaux de rénovation et d’agrandissement. Vérifiez sa réouverture avant de prévoir une visite en famille.
La Plage aux Ptérosaures se trouve à Crayssac. Voici quelques repères pratiques :
Lieu : à environ 15 kilomètres de Cahors.
Durée : environ une heure.
Réservation : nécessaire, dans le cadre d’un parcours guidé.
D’autres collections françaises présentent des fossiles de ptérosaures, et vous pouvez aussi découvrir les peluches dinosaures du blog pour prolonger la visite. C’est le cas du Muséum national d’histoire naturelle à Paris. Ses collections comprennent un humérus attribué à un spécimen dont l’envergure dépassait 7 mètres.
Avant de prévoir votre visite
Vérifiez la réouverture du Muséum départemental du Var avant de vous déplacer.
Réservez votre place pour le parcours guidé de la Plage aux Ptérosaures.
Prévoyez environ une heure sur place à Crayssac.
Pour nommer un dinosaure volant, retenez le mot ptérosaure, puis le genre si vous voulez aller plus loin : Pteranodon pour le bec sans dents et la crête, Quetzalcoatlus pour les très grandes envergures. Au moment de consulter un musée ou un livre avec vos enfants, vérifiez la réouverture du Muséum départemental du Var. Ensuite, ouvrez ensemble une fiche par genre et comparez les silhouettes.
Foire aux questions
Quel était le plus grand dinosaure volant ?
Le plus grand animal volant connu était Quetzalcoatlus northropi, avec une envergure d’environ 11 mètres. Ce n’était pas un dinosaure mais un ptérosaure, un reptile volant qui vivait à la même époque que les derniers dinosaures. Ses os creux limitaient son poids, estimé autour de 250 kilogrammes.
Les ptérosaures volaient-ils vraiment ?
Oui, les ptérosaures battaient des ailes pour voler et ne se contentaient pas de planer. Leur membrane était soutenue par un quatrième doigt très allongé. Leurs os creux réduisaient leur masse, ce qui rendait ce vol actif possible.
Où voir des empreintes de ptérosaures en France ?
À Crayssac, dans le Lot, la Plage aux Ptérosaures conserve des empreintes de mains et de pieds laissées au Jurassique supérieur, il y a environ 150 millions d’années. Le site se visite avec un guide, sur réservation. Prévoyez environ une heure sur place.
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